Neuf lettres inédites de Jean Cocteau à Jacqueline Picasso

La présente publication de neuf lettres inédites de Jean Cocteau ne remet pas en question l’édition de sa correspondance avec Pablo Picasso qui a été réalisée par Pierre Caizergues et Ioannis Kontaxopoulos en 2018 [1]. Cet ouvrage soigné et merveilleusement illustré est une pièce maîtresse dans l’étude de l’ensemble des correspondances du poète. Tout un chacun qui s’intéresse de près à sa vie et à une période spécifique de son activité créatrice se doit désormais de le consulter. De par les multiples informations qui y sont réparties selon diverses strates discursives – les lettres mêmes, les propos les reliant, les notes à l’arrière –, ce volume fournit un état de la question extrêmement précieux. Tant et si bien qu’il permet de vérifier la présence de certains documents conservés dans les fonds d’archives ou proposés en vente publique et, lorsqu’ils n’ont pas été publiés, de les signaler et de les décrire afin de compléter et d’honorer ainsi le travail précédemment livré. C’est le cas pour cette série de lettres que Cocteau a adressées à Jacqueline Picasso et qui appartiennent à la collection privée du marchand d’art londonien M. Niall Fairhead.

On pourrait s’étonner que le poète communique avec la partenaire du peintre, mais cela n’a rien d’exceptionnel. Cocteau a l’habitude de passer par les épouses ou les compagnes de ses amis écrivains et artistes, afin de conserver le contact avec les « grands hommes » que celles-ci fréquentent plus assidûment et plus intimement que lui. Songeons ainsi à Germaine Everling et à Elsa Triolet qui lui ont servi de relais pour communiquer avec respectivement Francis Picabia et Louis Aragon. Lorsque les contacts avec les couples sont optimaux, le poète se permet même d’accompagner certaines lettres de dessins érotiques, comme en témoigne une missive aux Everling-Picabia dès les années 1921 [2] et comme le confirme une autre, plus explicite encore, adressée aux Picasso en août 1955 (voir ill. lettre 6). Outre le maintien d’une relation d’amitié, ces lettres ont également pour objectif de demander d’intercéder auprès de ces artistes généralement très occupés, afin de ne pas oublier les promesses faites pour certains projets. En passant par une tierce personne, Cocteau entend adoucir sa requête et éviter que la répétition ne prenne l’apparence d’un harcèlement trop direct, à moins qu’il ne veuille être certain de recevoir une réponse à ses demandes, ce qui est assurément le cas dans ses rapports avec Picasso, comme nous allons le constater.

Un premier ensemble adressé à Jacqueline Picasso comporte six lettres qui remontent à la période fin juillet – fin août 1955. Ces lettres ont principalement pour objet l’épée d’académicien que Cocteau entend porter lors de sa réception à l’Académie française le 20 octobre à venir et dont Picasso lui a proposé lui-même de réaliser la garde (lettre 1). Or, s’il apprécie beaucoup ce geste du peintre qu’il compare à un « gage de ce rapprochement des cœurs » (ibid.), il ne peut s’empêcher de s’inquiéter de la réalisation. En effet, précisément à cette époque, Picasso est absorbé, entre autres, par le tournage avec Henri-Georges Clouzot du film documentaire qui lui est consacré, Le Mystère Picasso. Seule Jacqueline est alors en mesure, aux yeux du poète, « de sortir cette lame de sa gaine d’ouate et de la mettre entre les mains de Picasso », et ceci grâce à « [sa] douceur persuasive et [son] exquise tendresse » (ibid.). Cocteau fait entièrement confiance à la jeune femme, avec qui il partage par ailleurs un intérêt pour un univers bien spécifique, ce dont témoignent les appellatifs par lesquels il s’adresse à elle au début de chaque lettre.

Hormis « Lola de Valence » (lettre 3) qui désigne à la fois une toile d’Édouard Manet et un quatrain éponyme de Charles Baudelaire [3], la majeure partie des appellatifs de la compagne de Picasso s’inspirent en effet de livres pour enfants. « Grelot fidèle », « Cher petit grelot » ou « Grelot bleu » (lettres 1, 2 et 6) font allusion à une série d’images d’Épinal intitulée La Petite aux grelots que Cocteau avait déjà évoquée dans sa préface au roman de Thora Dardel[4] en la rapprochant de la séquence de la petite fille agitant des grelots dans son film Le Sang d’un poète [5]. Il en est de même de « Chère petite chèvre de M. Seguin » (lettre 5) qui renvoie bien évidemment à la nouvelle éponyme issue des Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet. Quant à « Mon petit ventre de biche » (lettre 4), que l’on peut relier d’ailleurs dans une lettre précédente à « ton admirable museau » (lettre 3), pareilles expressions traduisent la dimension affective permettant d’associer les animaux aux humains dans les contes et les fables. Cocteau semble donc avoir entretenu une relation d’amitié avec Jacqueline Picasso sur la base d’un intérêt commun pour les récits pour enfants. Une enfance qui représente aux yeux du poète, un peu comme chez Marcel Proust, un espace-temps idéal de protection et de partage sincère d’émotions qu’il semble retrouver en la personne de Jacqueline.

De là aussi cet autre renvoi à la littérature de jeunesse, précisément au moment où Cocteau évoque sa lecture du « livre de Job[6] » quand il était « gosse » et qu’il en cite de mémoire les deux premières phrases : « La Corse est une île/ Un enfant y naquit. » (lettre 3). Même si la citation rapportée est loin d’être correcte [7], il s’agit de l’ouvrage Le Grand Napoléon des petits enfans [sic] qui a pour auteur Jules de Marthold et pour illustrateur le célèbre Job, pseudonyme de Jacques Onfroy de Bréville. Donnant à chaque page un ou plusieurs dessins accompagnés de brèves légendes, ce livre-album qui retrace chronologiquement la vie de Napoléon a connu un énorme succès dès sa première édition en 1893 et a fortement contribué à mythifier la figure de Napoléon chez les jeunes Français de l’époque. L’ouvrage a eu d’ailleurs un impact considérable sur Cocteau enfant, comme l’atteste une photo où il porte le costume fétiche de l’empereur [8], et semble l’avoir marqué à un tel point qu’il a ressurgi bien plus tard dans l’une de ses œuvres sous la forme d’un intertexte.

L’avant-dernière illustration du livre-album représentant l’accession de Napoléon à la gloire après son décès à Sainte-Hélène et portant la légende : « Il monta dans la gloire, et son aigle mourut [9] », n’est pas sans rappeler en effet l’aigle impérial figurant au-dessus d’une porte dans la salle des mariages de Menton. On rétorquera toutefois que le modèle intertextuel gît sur le sol dans le livre pour enfants, alors qu’il est transpercé d’une flèche sur la fresque de Menton. Ce serait oublier que Cocteau a transposé l’animal symbolique dans son propre imaginaire en y adjoignant la thématique du martyre de saint Sébastien, l’une des icônes homosexuelles prépondérantes dans la littérature des XIXe et XXe siècles. En outre, en réactualisant dans la salle des mariages la mort de l’aigle comme condition d’une glorification posthume à la Napoléon, ne prend-il pas soin de se poser implicitement en artiste défunt susceptible d’être ressuscité par les générations futures à chaque nouvelle union célébrée sous les auspices du code de son illustre prédécesseur ?

Pour le reste, ce premier ensemble de lettres révèle quelques particularités sur la relation entre Picasso et Cocteau. Mentionnons le désagrément qu’ils partagent devant l’invasion régulière qu’ils ont à subir au seuil de leur demeure de la part de « touristes » désirant les « visiter » lors de leurs vacances d’été (lettres 1, 3 et 4), mais aussi l’ouverture complète dont ils font preuve dans leurs relations, par exemple lorsque le poète demande à Jacqueline de lui faire parvenir l’adresse de l’épouse précédente de Picasso, Françoise Gilot, avec qui il continue à avoir des contacts sans le cacher au peintre (lettre 5). D’autres informations ne concernent que Cocteau. Ainsi rend-il compte avec humour du mal de mer qu’il a contracté pendant une traversée abrégée de la Méditerranée vers la Corse sur le voilier « L’Orphée » (lettre 4) ou se désole-t-il avec tristesse à l’annonce de la mort de Fernand Léger de la disparition inéluctable du « carré de l’époque héroïque » de Montparnasse (lettre 5).

Un second ensemble adressé à Jacqueline Picasso comporte trois lettres qui remontent à la période début juillet – fin octobre 1960. Après une évocation sereine de son anniversaire (lettre 7), Cocteau adopte un ton bien différent dans les deux lettres suivantes. S’il s’évertue à composer son poème de La Partie d’échecs avec pour objectif de « casser la tradition pour la reconstruire et réorganiser les paroles au lieu de “dire des choses avec” » (lettre 8), il se plaint aussitôt d’avoir pour public futur un « gang d’imbéciles, d’incultes et d’aveugles (et des sourds) qui [le] juge » (ibid.). C’est la raison pour laquelle il préférerait bénéficier de « types qui [le] jugent comme les speakers du sport à la radio » (ibid.), c’est-à-dire susceptibles d’être pour le moins enthousiastes devant ce qu’il vient d’accomplir. Dans la dernière lettre, le décès d’une connaissance lui soutire d’abord la remarque plaintive comme quoi le groupe d’amis de jadis « s’effeuille » (lettre 9), ce qui n’est pas sans rappeler son regret de la disparition du « carré de l’époque héroïque » (cf. supra). Puis, en évoquant l’échec de l’enregistrement de la bande filmique d’une émission télévisée, tout en se demandant s’il n’est pas « devenu un vrai fantôme » avant même d’être décédé (lettre 9), il exprime son dépit devant sa propre finitude. Le ton désabusé qui caractérise ses propos s’explique certes par l’affaire du Prince des poètes qui empoisonne sa vie à l’époque. Rappelons que son élection pour succéder à Paul Fort avait été fortement remise en question principalement par les surréalistes et le groupe de la NRF et que la victoire obtenue dans les médias par l’intervention décisive de Louis Aragon avait rempli au final le poète bien plus d’amertume que de satisfaction.

En réaction à ce sentiment de marginalité ou de marginalisation au sein de l’époque actuelle, Cocteau poursuit inlassablement une multitude d’activités en France et à l’étranger. Pour ne se restreindre qu’aux deux dernières lettres, il désire occuper l’espace public en publiant un poème manifeste dans Les Lettres françaises (lettre 8), en faisant la promotion du Testament d’Orphée à Stockholm (ibid.), en enregistrant un autoportrait pour la télévision (lettre 9) et en contribuant à une exposition à Rome avec pour thème les amis d’Apollinaire (ibid.). Mais quels que soient le projet réalisé ou le succès remporté, seule compte à ses yeux la réaction approbative qu’il pourrait obtenir du « magnifique ». De fait, Picasso constitue son grand modèle sur le plan de la création artistique sans cesse innovatrice et en avance sur son temps, mais aussi sur le plan de l’autonomie imperturbable que celui-ci affiche face aux pressions médiatiques et culturelles de son époque, pressions que Cocteau parvient bien plus difficilement à assumer.

Transcription des lettres inédites

Lettre 1

Mardi [26 juillet 1955[10]]

Saint-Jean Cap-Ferrat/ A[lpes]-M[aritimes]

Grelot[11] fidèle,

Si je t’embête c’est que je vois le temps qui s’écourte et que cette épée me tient à cœur.

1° Picasso me l’a proposée (car je ne lui demande jamais rien) ce qui est comme le gage de ce rapprochement des cœurs dont il me parlait avant le déjeuner de Vallauris et que les touristes nous embrouillent.

2° De même que toute notre famille est entrée au Louvre à sa suite, toute notre famille doit entrer à l’académie, à la mienne avec cette épée comme symbole de « la place forte s’est enfin rendue ».

3° Tout ce qu’il touche étant ensorcelé, ce n’est pas une garde très riche qui compte, mais que ses doigts transforment un peu d’or et le divinisent. (Comme pour le collier de madame de Lazerme [12].) En ce qui concerne l’or c’est naturellement moi que cela regarde, n’étant pas de la famille des touristes pour qui cette épée serait un souvenir de Lourdes ou de la tour Eiffel.

Toi seule avec ta douceur persuasive et ton exquise tendresse tu es capable de sortir cette lame de sa gaine d’ouate et de la mettre entre les mains de Picasso. Entre deux transparents du film[13], il la terminerait. Entre deux vases chez Mme Ramié[14]. Un simple mélange de branches, de plumes d’oie, de lauriers et d’oliviers deviendrait comme ses chèvres et si cela l’embête que le dentiste s’en mêle[15], je confierai le travail à Cartier qui s’en charge, mais ne me laisse pas sans nouvelles. Je suis aussi accablé de travail et de touristes, mais un signe de toi me donnerait des forces. S.O.S. du Cap Santo-Sospir.

Je t’embrasse

Jean

Lettre 2

8 août 1955

Cher petit grelot,

Excuse-nous d’être partis si vite, hier [16]. Mais le bateau nous attendait à Golfe-Juan et nous ne devions être au Cap qu’à dix heures.

Tu n’imagines pas comme j’étais heureux de cette journée sans ombres et de voir ensemble ma petite famille et la vôtre.

Embrasse le magnifique et les gosses et Maya et tous.

Et ne laisse pas le rideau baissé sur ces bonnes rencontres.

Jean

Lettre 3

12 août 1955

Chère Lola de Valence[17],

(Demande à Picasso si tu ne ressembles pas au Manet qui la représente.) Je me demande si nous irons en Corse. Quand j’étais gosse, je lisais le livre de Job[18] : « La Corse est une île/ Un enfant y naquit. » Et je croyais que les habitants de la Corse s’appelaient des « Inaquis ».

Je te charge de lui faire comprendre au magnifique le respect que mon cœur lui porte, ma stupeur en face des touristes qui le gravissent comme la tour Eiffel et le sacre que représente à mes yeux l’offre de cette épée. Peut-être suis-je la dernière personne à ne prendre rien par dessous la jambe.

Mais il sait tout, il le sait, et il ne me ferait pas cette peine.

Je t’embrasse sur ton admirable museau qui console des fesses de Miss Plage, Miss Europe et Miss Terre.

Jean

Lettre 4

Lundi 15 août 1955

Mon petit ventre de biche (et poule au pot et plume au vent),

Après six heures de bateau, la nuit sur une mer ardoise (très méchante couleur), la danse a commencé de telle sorte que les tables nous sautaient dessus et nous sur les tables et que, ne sachant plus que rendre, Doudou et moi rendions l’âme. Francine et Carole (grandes résistantes) ne pouvaient hélas nous libérer et Francine a donné l’ordre de revenir et de tourner le dos à la Corse. À quatre heures du matin nous rentrions dans le port de Beaulieu avec des têtes du Comte d’Orgaz[19] et une affreuse fatigue.

Je ne dirai pas que j’ai renoncé à me visiter en Corse. À toi aussi et à ma petite famille de Cannes. Je me soigne le foie et je tâche de retrouver mon équilibre.

Tendresses et tendresses et tendresses et Tendresse,

Jean

P. S. Ne dis pas aux touristes que je suis revenu. Car hélas ils nous visitent comme la tour Eiffel et ils y déjeunent.

Lettre 5

19 août 1955

Chère petite chèvre de M. Seguin[20],

Aragon me téléphone la mort de Léger[21]. Le carré de l’époque héroïque diminue. Serrons-nous bien les coudes et tâchons de survivre comme Cambronne lequel s’en était tiré de justesse et avait même épousé une Anglaise.

Peux-tu me rendre le service de mettre avec les dames de la Guadeloupe[22] l’adresse de Françoise[23] à la Giudecca. Je ne retrouve pas ses lettres précédentes et le tour serait trop long par Paris.

Il faudrait maintenant se voir avec le magnifique, comme il le souhaite, pour l’épée. Et surtout afin de se serrer et de s’embrasser.

Ton Jean.

Lettre 6

20 août 1955

S.O.S.

Grelot bleu, où es-tu, où êtes-vous ?

Dans les magazines nous sommes encore un peu ensemble. Mais….

J’ai 4 jours d’enregistrement des discours[24]. Reste le glaive.

Je t’embrasse

Jean

Jean Cocteau à Jacqueline et Pablo Picasso, lettre du  20 août 1955, collection Niall Fairhead

Lettre 7

6 juillet 1960

Un an de plus pour t’aimer encore davantage et admirer encore davantage le magnifique.

J’ai soufflé mes bougies [25] en pensant à notre fête de Vallauris. Les « archanges » m’ont envoyé une bonne dépêche et il me tarde de t’embrasser de l’autre côté de cette fragile et mystérieuse barrière.

Ton Jean

Lettre 8[26]

Dimanche [25 septembre 1960[27]]

Ma Jacqueline,

Que n’ai-je eu votre soleil. Mais j’ai profité des nuages pour re-retravailler sur ce casse-tête chinois de mon poème[28], puisque je suis le seul à employer l’encre comme Picasso et les peintres emploient la couleur et le seul à casser la tradition pour la reconstruire et réorganiser les paroles au lieu de « dire des choses avec ».

Tout cela se saurait si nous avions des types qui nous jugent comme les speakers du sport à la radio. Hélas c’est un gang d’imbéciles, d’incultes et d’aveugles (et des sourds) qui nous juge. Nous restons donc entre nous et j’espère que cette besogne effrayante à laquelle je me consacre te fera plaisir et intéressera le magnifique.

Je prends demain l’avion à 6 heures[29]. Je t’embrasse et Picasso. Et la grande fille.

Jean

[P. S.] Une amie (ma traductrice[30]) m’écrit de Londres après avoir vu l’exposition Penrose[31]. « Jamais je n’ai vu à Londres des visages de jeunes hommes plus attentifs, plus extasiés, plus “religieux”. »

Lettre 9

Dimanche 30 octobre [1960]

Ma Jacqueline[32],

Cher Paco[33] ! Cela m’a rendu bien malheureux : on s’effeuille. Peux-tu m’écrire au Palais-Royal (36 [rue de] Montpensier) l’adresse de sa femme ? Depuis 3 jours je tournais pour la télévision le « gros plan[34] » mais plan rata ou rata plan. Le laboratoire téléphone que rien sur la pellicule (sic).

Peut-être suis-je devenu un vrai fantôme ?

Je t’aime et je vous embrasse en chair et en os.

Ton/ Votre Jean

P. S. Demande à Picasso s’il sait aussi l’adresse du type qui organise l’exposition Apollinaire[35]. J’ai ses documents et j’ai perdu sa lettre.


[1] Picasso – Cocteau, Correspondance 1915-1963, éditée par Pierre Caizergues et Ioannis Kontaxopoulos, Paris, Musée national Picasso – Gallimard, « Art et artistes », 2018.

[2] Pour la reproduction du dessin érotique adressé par Cocteau à Germaine Everling et à Francis Picabia, voir David Gullentops, « Jean Cocteau et Tristan Tzara. Correspondance et textes », in Jean Cocteau. Correspondances 1910-1920, Cahiers Jean Cocteau, nouvelle série n°17, Paris, Éditions Non Lieu, 2019, p. 77.

[3] Repris par la suite dans Les Épaves (1866), les vers de « Lola de Valence » ont été composés à l’origine pour servir de légende à une eau-forte gravée par Manet d’après son tableau. Suite à cette lettre de Cocteau, fortuitement ou non, Picasso réalisera, les 2 et 4 octobre 1955, deux portraits de Jacqueline d’après la toile de Manet Lola de Valence (voir Picasso – Cocteau, Correspondance 1915-1963, op. cit., p. 505 n. 228).

[4] Thora Dardel, Mon amant se marie suivi de Le Fils du pasteur-Lucia, Pari, Editions M.-P. Trémois, 1930.

[5] David Gullentops et Ann Van Sevenant, Les Mondes de Jean Cocteau. Poétique et Esthétique, Paris, Éditions Non Lieu, 2012, p. 289-290.

[6] Le Grand Napoléon des petits enfans, avec des illustrations de Job et un texte de Jules de Marthold, Paris, Plon, 1893. Pour l’ouvrage, consulter Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k372834v.image

[7] Voici en effet les légendes des deux premiers dessins de l’ouvrage : « Il était une fois une île parfumée qu’on appelait la Corse. » et « L’enfant y naît à Ajaccio, en une salle tendue de tapisseries représentant des héros d’Homère. ». Voir ibidem, p. 2 et 3.

[8] Voir Pierre Chanel, Album Cocteau, Paris, Tchou, 1970, p. 5.

[9] Voir Le Grand Napoléon des petits enfans, op. cit., p. 47.

[10] D’après le cachet de la poste figurant sur l’enveloppe : le 1er août 1955.

[11] Allusion au personnage principal de la série d’images d’Épinal intitulée La Petite aux grelots (voir notre introduction).

[12] Collier en or massif orné d’une tête de taureau offert par Picasso à la comtesse Paule de Lazerme en 1954.

[13] Il s’agit du film documentaire Le Mystère Picasso tourné par Henri-Georges Clouzot de juillet à septembre 1955 et présenté au festival de Cannes le 2 mai 1956.

[14] Suzanne Ramié, née Suzanne Douly (1905-1974), céramiste ayant enseigné à Picasso l’art de l’émail et de la cuisson de la terre.

[15] Pour le collier de la comtesse de Lazerme (voir la note 12), Picasso avait fait appel au dentiste de Vallauris qui disposait du matériel approprié pour réaliser le bijou.

[16] Course de taureaux venant d’avoir lieu à Vallauris.

[17] Pour « Lola de Valence », voir la note 3.

[18] Pour la référence de cet ouvrage, voir la note 6.

[19] Allusion à la forme et à la couleur des visages des personnages représentés sur la toile du Gréco L’Enterrement du comte d’Orgaz conservée dans l’église Santo Tomé à Tolède.

[20] Allusion à La Chèvre de monsieur Seguin d’Alphonse Daudet (voir notre introduction).

[21] À la demande de Louis Aragon, Cocteau fera paraître un bref « Hommage à Fernand Léger » dans Les Lettres françaises, n° 582, 25-31 août 1955, p. 1.

[22] La femme de chambre de Françoise Gilot et sa fille – deux Martiniquaises et non Guadeloupéennes – s’occupaient des enfants en vacances chez Picasso (voir Picasso – Cocteau, Correspondance 1915-1963, op. cit., p. 503 n. 199).

[23] Françoise Gilot, l’épouse précédente de Picasso.

[24] Discours de réception à l’Académie royale de Belgique et à l’Académie française.

[25] La veille, le 5 juillet, Cocteau a fêté ses 71 ans.

[26] Lettre sur papier à en-tête « Santo-Sospir / Saint-Jean Cap-Ferrat ».

[27] D’après le cachet de la poste figurant sur l’enveloppe : le 26 septembre 1960.

[28] La Partie d’échecs, dont il prépare la publication à venir dans Les Lettres françaises, n° 846, 20-26 octobre 1960, p. 1.

[29] Voyage pour la promotion du Testament d’Orphée à Stockholm du 1er au 5 octobre 1960.

[30] Mary C. Hoeck qui a traduit en anglais Maalesh (1956) et Bacchus (1964) et qui a entretenu une correspondance suivie avec le poète.

[31] Il s’agit de l’exposition Pablo Picasso qui a été organisée par Roland Penrose à la Tate Gallery de Londres du 6 juillet au 18 septembre 1960.

[32] Voir la réponse de Jacqueline Roque dans Picasso – Cocteau, Correspondance 1915-1963, op. cit., p. 358-359.

[33] Paco Muñoz, agent de toreros et proche de Picasso (d’après ibidem, p. 520 n. 418).

[34] L’émission télévisée « Gros plan » consacrée à Cocteau et diffusée le 7 novembre 1960 sur l’ORTF.

[35] Vu la date de cette lettre, il pourrait s’agir de l’exposition Guillaume Apollinaire et ses amis qui a eu lieu au Palazzo Barberini à Rome en décembre 1960.

Pour citer cet article

David Gullentops, "Neuf lettres inédites de Jean Cocteau à Jacqueline Picasso", Cahiers JC n°18 : Filiations, [en ligne], 2020, 10p, consulté le 22/10/2020, URL : https://cahiersjeancocteau.com/articles/neuf-lettres-inedites/